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L’assistance Du Ghayb

Nous avons mis en évidence ci-dessus le fait que tous les êtres doivent leur existence au Ghayb. En effet, le Ghayb assiste la nature tout entière, cependant il existe un ensemble d’assistances particulières.

Deux termes coraniques figurant dans le verset du basmalah (bismilh-ir rahmân-ir-rahîm)1 (à savoir : Rahmân et Rahîm) peuvent dans une certaine mesure, éclairer cette question.

Ces deux termes sont dérivés d’une même racine (R.H.M.) qui veut dire être compatissant, ou avoir pitié de. Il s’agit d’une même rahmah (compassion, pitié), mais dirigée vers deux objets différents:

• La rahmah relative à Rahn (Clément) est générale : elle englobe tous les êtres et assure la permanence de leur existence.

• La rahmah relative à Rahîm (Miséricordieux) est particulière : c’est la grâce et le soin particulier qui touchent le mukallaf (l’homme responsable, chargé dunetâche)aprèslaccomplissementdelatâche. Lesprophètessontvenus pour nous guider vers les actions dont l’accomplissement nous fait mériter cette rahmah qui est une sorte d’assistance provenant de Ghayb. Si cette assistance réussit à approfondir notre foi, nous entrons ainsi en relation directe avec le Maître des Mondes.

De toute façon, cette sorte de rahmah intervient parfois dans la vie quotidienne pour sauver l’homme en l’aidant à sortir d’une situation difficile. À ce propos, Allah le Très-Haut, dit à Son noble Messager : Ne ta-t-Il (Ton Seigneur) pas trouvé orphelin, et Il ta procuré un refug? Il ‘ a trouvé errant et Il ta guidé. Il ta trouvé pauvre et Il ta enrichi. (Coran, 93/6-7)

Et dans nos cinq prières, nous lisons : Cest Toi que nous adorons, cest Toi dont nous implorons le secours. (Coran, 1/5)

Bien sûr, cette lecture est une manière d’implorer l’assistance du Ghayb.

  • 1. Ce verset est traduit ordinairement par : Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Cette traduction n’est pas exacte puisque la Clémence et la Miséricorde couvrent un champ sémantique qui, tout en recoupant celui couvert par les deux dérivées de la racine R.H.M. (Rahmân et Rahîm), n’exprime pas les mêmes réalités telles qu’elles sont entendues à l’intérieur du paradigme linguistique arabe et du système conceptuel coranique.