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Sourate al-Insan ou al-Dahr (Chapitre 76)

La traduction du titre de la Sourate

L’Homme ou Le Temps

Lieu de révélation

La Mecque

Ordre chronologique de sa révélation

Elle fut révélée après la Sourate al-Rahman (Chap. 55)

Nombre de versets

31 versets

Les mérites (thawab) de sa lecture

Quiconque lit cette Sourate, Allah le mariera avec des houris, aux yeux grands et beaux.

Recommandations pour sa lecture

Il est recommandé de la lire indifféremment tous les jours. De même il est très recommandé de la lire, le jeudi entre l’aube et le lever du soleil.

La signification de sa lecture pendant le rêve

Si on se voit en train de lire cette Sourate, cela signifie qu’on aime les Ahl-ul-Bayt (p) et qu’on sera généreux et aisé.

Le contenu de la Sourate

On appelle cette Sourate aussi « Al-Dahr » (Le Temps), ou « Hal Ata » (littéralement : Est-il venu ou S’est-il écoulé)1 d’après les deux premiers mots de la Sourate. On peut diviser les 31 versets qui la composent en deux parties principales.

La première partie (Versets 1-22) est consacrée surtout à la description des conditions réjouissantes dans lesquelles reposera dans le Paradis une catégorie spécifique de Croyants, les « Pieux » dont nous parlerons en détail, lorsque nous aborderons le récit qui porte leur nom un peu plus loin.

Dans la seconde partie (Versets 23-31) Allah conseille au Prophète (P) de s’armer de patience face aux pécheurs et aux renégats, de ne pas leur prêter oreille, et de n’avoir cesse d’évoquer le Nom du Seigneur et de Le glorifier.

Les circonstances de la révélation de cette Sourate

Il est important, pour mieux comprendre le sens et la portée de cette Sourate, d’en connaître les circonstances de la révélation.

Selon Al-Allamah Mohammad Hussein Tabataba'î qui s’appuie sur des sources chiites et un grand nombre de sources sunnites, dignes de foi (lesquelles rapportent le témoignage du Compagnon Ibn 'Abbas) il ne fait aucun doute que la Sourate Al-Insan (L’Homme) a été révélée à la suite d’un événement dont les acteurs ou les héros étaient l’Imam 'Alî, Fatimah al-Zahra', et leurs deux fils al-Hassan et al-Hussain. En effet Ibn 'Abbas a rapporté :

« Une fois, al-Hassan et al-Hussain étaient tombés gravement malades. Le Messager d’Allah (P) accompagné d’autres personnes est venu leur rendre visite. Les visiteurs suggérèrent à 'Alî de faire un vœu pour la guérison de ses fils. 'Alî approuva, et il formula le vœu, avec son épouse Fatimah al-Zahra' et leur servante Fidh-dhah, de jeuner trois jours, si al-Hassan et al-Hussain venaient à guérir. Lorsqu’ils guérirent effectivement, il fallait tenir la promesse de jeune. Comme la famille n’avait pas à ce moment les provisions nécessaires pour les repas de la rupture du jeune, l’Imam 'Alî emprunta à un Juif dénommé Cham'un al-Khaybarî trois ça' d’orge à cet effet. On commença le jeune et Fatimah a moulu 1 ça' (2,831 kg) de cette orge et a cuit cinq pains (un pain pour chacun).

» Lorsqu’ils se sont apprêtés à rompre le jeune au crépuscule, un mendiant se présenta et s’écria : « Que la paix soit sur vous, ô gens de la maison de Mohammad ! Je suis un indigent parmi les indigents des Musulmans ! Nourrissez-moi, et Allah vous nourrira sur les tables du Paradis ». Ils préférèrent lui offrir leur repas (les cinq pains) à leur détriment, et passèrent la nuit sans rien manger, se contentant de l’eau.

» Le lendemain ils entamèrent cependant le deuxième jour de jeune ; et au moment de la rupture du jeune, un orphelin est venu frapper à leur porte, ils firent de même et lui donnèrent leur repas.

» À la fin du troisième jour de jeune un captif leur demanda à manger, ils lui offrirent leur repas.

» Le lendemain, 'Alî amena ses deux fils chez le Prophète (P) qui, constatant qu’ils tremblaient de faim, comme des poussins, dit : « Que cela me fait mal de vous voir ainsi ! ». Aussi les ramena-t-il à la maison de 'Alî ; et là il a vu Fatimah dans son mihrab (lieu aménagé pour la prière), le ventre collé au dos, les yeux caves (creux). Cette scène l’affligea profondément.

» Là Jibra'îl (l’Archange Gabriel) est descendu et après lui avoir dit : « O Mohammad ! ceci vient d’Allah à propos de ta famille », il se mit à lui réciter la Sourate. ».2

  • 1. « S’est-il écoulé pour l’homme un laps de temps durant lequel il n’était même pas une chose mentionnable ? »
  • 2. Al-Mîzân fî Tafsîr al-Qor'ân, d'al-Allâmah Sayyed Mohammad Hussein al-Tabâtabâ'î, Tom. 20, p. 132.