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Sourate Ghafir (Chapitre 40)

Le pourquoi du titre

Cette Sourate s’appelle aussi Al-Mu’min (Le Croyant) ou Ha' Mîm al-Mu’min. Mais elle est souvent nommée Sourate Ghafir (L’Indulgent), attribut divin par lequel débute le troisième Verset. Elle fait partie des sept Sourates1 dites les Hawamîm, parce qu’elles commencent par les initiales H M (Ha') (Mîm).2 Les interprétations de ces initiales sont nombreuses et divergentes.

Certains commentateurs du Coran (comme al-Qaradhî) avancent que ces initiales (H. M.) signifient : « Je jure par Hilmihi (Son Indulgence) et Molkihi (Son Royaume) qu’IL ne soumettra pas à la Torture quiconque se protège par Lui et dit sincèrement et du fond du cœur : ach-hadu anla ilaha illallah (j’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah) ».

D’autres (tel 'Ata' al-Khorasanî) affirment qu’elles constituent l’ouvrant des Noms d’Allah : « Halîm (Clément), Hamîd (Digne de Louanges), Hakîm (Sage), Hayy (Toujours Vivant), Hannan (Très-Compatissant), Malik (Roi), Majîd (Glorieux), Mobdi'(Prévenant), Mo'îd (Celui qui ressuscitera Ses créatures) ».

D’autres encore, tel Al-Kalabî, interprètent ces initiales comme désignant l’expression : « Allah a décrété ce qui est (qadha ma howa ka'inun) ».

La traduction du titre de la Sourate

Le Pardonneur ; Celui Qui pardonne ; Le Croyant ou L’Indulgent

Lieu de révélation

La Mecque sauf les Versets 56, 57, lesquels furent révélés à Médine.

Ordre chronologique de sa révélation

Elle fut révélée après la Sourate al-Zumar (Chap. 39)

Nombre de versets

85 versets

Les mérites (thawab) de sa lecture

Quiconque lit cette Sourate, Allah lui pardonnera ses péchés passés et à venir, le conduira vers la parole de la piété et lui fera préférer le monde de l’au-delà à la vie d’ici-bas.

La Tradition souligne les mérites de la récitation des Hawamîm, en général, et la Sourate du Croyant en particulier.

En effet, selon Abu Burayrah al-Aslamî, le Prophète (P) dit : « Quiconque aimerait jouir des Jardins du Paradis, qu’il récite les Hawamîm pendant la prière de la nuit ».

Et d’après le témoignage d’Anas Ibn Malik, le Messager d’Allah (P) déclara : « Les Hawamîm constituent la belle façade du Coran ».

Pour sa part, Obay Ibn Ka'ab a témoigné que le Prophète (P) dit : « Tous les Prophètes, tous les amis et tous les croyants, sans exception, prieront et imploreront le Pardon divin pour quiconque récite la Sourate Ha'Mîm, le Croyant ».

Quant à l’Imam al-Sadiq (p), cité par Abu Baçîr, il dit à ce propos : « Les Hawamîm sont les bouquets odorants du Coran. Remerciez Allah et louez-Le donc en les apprenant par cœur en les récitant. Que le croyant récite les Hawamîm, et un parfum plus agréable que celui du musc et de l’ambre s’exhale de sa bouche. Allah couvrira de Sa Miséricorde celui qui les lit et récite, ainsi que ses voisins, ses amis, ses connaissances, son entourage et ses proches ; et le Jour de la Résurrection, le Trône, la Chaise et les Anges rapprochés d’Allah imploreront le Pardon pour lui ».3

Recommandations pour sa lecture

Il est recommandé de la lire une fois chaque nuit ou chaque jour.

La signification de sa lecture pendant le rêve

Quiconque se voit en train de la lire en rêve, Allah lui accordera miséricorde et pardon.

Le contenu de la Sourate

La Sourate traite de l’orgueil des mécréants et de leur argumentation fallacieuse en vue de récuser la Vérité à laquelle ils sont appelés. Aussi reproduit-elle à plusieurs reprises leurs raisonnements capiteux (Versets 35, 56, 69) et s’applique-t-elle à montrer la futilité de cet orgueil déplacé et de cette attitude polémique négative, en leur rappelant la punition sévère qu’Allah a administrée aux nations passées qui avaient démenti la Vérité, et en leur exposant le sort horrible qui les attend, à leur tour, dans l’au-delà.

Et en réfutant les faux arguments des incroyants par les preuves solides de l’Unicité d’Allah, la Sourate demande au Prophète et à ses adeptes de s’armer de patience devant leurs contradicteurs et leur promet une victoire évidente.

Sur le plan stylistique, les orientalistes distinguent, selon Jaques Berque, dans cette Sourate « deux séquences (Versets 1-56 et 57-85), la seconde étant d’allure et d’assonance différentes de la première. Les aphorismes qui s’en détachent reprennent pourtant les idées de la première partie, non qu’on ne puisse reconnaître en celle-ci deux morceaux d’une vingtaine de Versets chacun ». À noter aussi la fréquence de la forme internée dans cette Sourate, et des aphorismes où « chaque argument d’évidence est suivi d’un constat désabusé » (Versets 57, 58, 59, 61)4.

  • 1. Les sept Sourates dites les Hawâmîm [qui commencent par les initiales H.M.] sont :
    Sourate 40, Al-Mo’min [Le Croyant],
    Sourate 41, Fuççilat [Les Versets clairement exposés],
    Sourate 42, Al-Chourâ [La Délibération],
    Sourate 43, Al-Zokhrof [L’Ornement],
    Sourate 44, Al-Dokhân [La Fumée],
    Sourate 45, Al-Jâthiyah [Celle qui est agenouillée],
    Sourate 46, Al-Ahqâf.
  • 2. Hâ', Mîm : sont les noms respectifs de la 5e et 22e lettres de l’alphabet arabe [les consonnes H et M].
  • 3. Majma' al-Bayân il -'Ulûm al-Qor’ân d’al-Tabarsî, Tom. 8, pp. 465 - 466.
  • 4. Voir : Le Coran, Essai de traduction de l’arabe, annoté et suivi d’une étude exégétique par Jacques Berque, éd., Sindbad, Paris, 1990, pp. 503-509.